CHRONIQUES

06 décembre 2013

Argenterie – Orfèvrerie – Bijoux – Horlogerie

Orfèvrerie & Sucreries

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A l’approche des agapes de fin d’année, Auction-Attraction se penche sur ces objets qui ont permis d’introduire et savourer les mets sucrés sur nos tables. À une époque où l’on déguste 5 fois plus de sucre qu’il y a un siècle, attardez-vous avec nous sur ces outils dont l’aspect comme la destination flattent nos yeux et nos papilles.

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Denrée longtemps réservée à une élite, le sucre fait aujourd’hui parti de notre quotidien. La culture de la canne à sucre, liée à l’histoire des grandes découvertes avait suscité très tôt l’intérêt des chinois et des perses jusqu’à Alexandre le Grand mais c’est l’expansion musulmane et les croisades qui achèveront de le diffuser dans le bassin méditerranéen puis dans le reste du monde jusqu’au Brésil et les Antilles. C’est la culture intensive de la betterave au XIXe qui permettra de démocratiser définitivement le sucre alors encore réservé aux tables privilégiées.

 

En matière d’Art de la table dont le grand siècle fut l’acmé en France, le contenant demeurait aussi important que le contenu. Le sucre se devait d’être présenté aux hôtes de la meilleure des façons, tâche malaisée puisqu’il se présentait sous forme de cônes durs ou de pains qu’il fallait modeler, concasser, réduire en morceaux ou en poudre.

 

Longtemps réservé aux tables royales et banquets prestigieux, les orfèvres et ornemanistes créèrent dans les premières décennies du XVIIIe siècle de précieux objets tous finement travaillés par les orfèvres, dont le saupoudroir (ou saupoudreuse) : objet caractérisé par sa forme cylindrique tout en hauteur, reposant sur une base circulaire ou sur piédouche. Mesurant entre 10 et 20 cm, son dôme, éventuellement sommé d’un bouton, est percé et ajouré de motifs stylisés tels qu’étoiles, arabesques ou rinceaux, et ouvre au moyen d’une baïonnette ou se vissait simplement au reste du corps. Si les 1ers modèles avaient un corps droit uni ou à pans, le modèle le plus connu et fréquent est de forme balustre. A noter que, si en France la saupoudreuse était dévolue au sucre, de l’autre coté de la manche, elle était présentée en série de tailles diverses dédiées tout autant au service du  sucre, que du sel et des épices.

 

Vers 1740, la saupoudreuse est remplacée par un petit récipient couvert, rond ou de forme ovale, à panse renflée, le sucrier, destiné à ne contenir également que du sucre en poudre. Muni d’un petit plateau et présentant éventuellement deux anses, son couvercle est surmonté d’un bouton floral ou végétal et percé d’une encoche destinée à recevoir le manche d’une cuillère dite « saupoudreuse ». Cette cuillère présente un cuilleron circulaire et creux finement ajouré de formes stylisées. Attention, la cuiller saupoudreuse, objet de collection, doit être différenciée de la cuiller à fraises dont le modèle est proche : le cuilleron en forme de spatule large circulaire ou ovale mais moins concave pouvant être ajouré ou non.

 

Le pot à sucre se diffère du sucrier de part sa forme et sa taille plus modeste, tantôt balustre ou ovoïde, il présente un fond plat ou repose sur piédouche. Il n’est destiné à ne contenir que du sucre en morceaux et faisait toujours originellement partie d’un ensemble de table « déjeuner » (ou cabaret) destiné au service de boissons chaudes. (Il est d’usage de le retrouver de nos jours dans  les services à thé et café.)

 

A la fin du XVIIIe, le sucrier adopte une forme nouvelle : sans couvercle, ni plateau, il contient les morceaux de sucre dans une coupelle de cristal ou de verre maintenue dans une armature de métal ajourée tel un panier formant une cage. L’ensemble reposant sur un grand piédouche, ce modèle aura les faveurs des orfèvres de l’Empire qui privilégieront l’emploi du vermeil pour un raffinement absolu. Cependant, à partir de la Restauration, les orfèvres reviennent aux formes classiques et tailles modestes.

 

Plus connue de nos jours et d’origine anglo-saxonne : la pince à sucre apparaît elle aussi, tardivement, à l’aube de la Révolution et devient courante sous l’Empire. Sa forme en U constituée de deux branches, est terminée par des cuillerons aux formes variées (coquilles, griffes … )

 

Le confiturier : Apparu également sous l’Empire, sa forme est très proche des grands sucriers à piédouche de la fin du XVIIIe. Constitué d’une grande coupe en cristal ou en verre circulaire à fond creux ou plat insérée dans une monture en métal (argent, vermeil..), il se distingue du sucrier par la présence de 12 petites cuillers suspendues verticalement à des encoches sur le pourtour de la coupe ou sur celui du pied. Pièce d’apparat lors du repas et  plus décoratif qu’utile, il disparaît après 1830.

 

Drageoir & bonbonnière : la seconde, héritière du premier, sert la même destination : contenir dragées, bonbons et autres confiseries, à l’origine offerts aux hôtes en fin de repas ou dans le courant de la journée afin de faciliter la digestion des mets copieux. Si le drageoir présente la forme d’une coupe et se caractérise par son haut pied (peut-être confondu avec les sucriers à piédouche de la fin du XVIIIe), la bonbonnière est de forme circulaire ou ovale, toujours à fond plat ou repose éventuellement sur de petits pieds.

 

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Outre les pièces de collection, il existe des modèles courants et très décoratifs qui pourront orner vos plus belles tables de fête. Ne manquez pas les visites proposées en salles de ventes aux enchères et aux puces, où vous aurez le loisir d’admirer la variété de leurs formes et de décors, en vous référant à notre calendrier.

 

 

 

 

Illustrations : Archives ventes publiques
@Isabelle Guegan
@Studio André
@imprimerie Maury

 

 

 

 

 

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